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Isaac Hayes, to be continued
Par antichambre dans Interviews le 25 Novembre 2009 à 18:04Chanteur à la voix de basse, compositeur de genie, Isaac Hayes reste une légende de la musique en général et de la soul music en particulier. C’est chez Stax qu’il débute sa carrière, en tant que compositeur et « songwriter » pour d’autres artistes...
« Presenting Isaac Hayes » en 1967 lance véritablement sa carrière, suivi de « Hot Buttered Soul ». Déjà, il instaure de nouvelles ambiances rythmiques, avec des chansons très longues (jusqu'à 18 mn !) et très orchestrées, où les passages parlés ou chantés alternent avec des plages instrumentales. Le véritable succès arrive en 1971 avec l’album « Black Moses » et surtout la BO du film « Shaft », qui lui vaudra un Grammy Awards. Le mouvement cinématographique Blaxploitation étant en plein explosion, il en profite pour signer d’autres BO, comme « Tough Guys » et « Truck Turner ». Après s’être essayé dans des séries télé, ce sont finalement les rappeurs et le sampling qui permettent à Isaac Hayes de revenir au premier plan dès le début des années 90. En effet, sur-samplé par de nombreux artistes Hip-Hop, il revient avec l’album « Branded » en 1995, et au passage un petit morceau sur la BO du film « Comme un aimant » de Akhenaton et le volume 3 de Jazzmattazz, avant de succomber à des problèmes cardiaques en 2008. Voici quelques répliques intemporelles qu’Isaac Hayes nous a laissées lors d’une interview à Montreux en 2005.

Que serait l'opposé de Isaac Hayes ?
Opposé... Quelqu'un est attaché ou pas attaché à une cause. Je recherche la paix. Je soutiens la littérature, l'éducation, les valeurs morales, la responsabilité, c'est toutes ces choses que je défends.
Quand tu as commencé la musique, imaginais-tu que tu arriverais là où tu en es aujourd'hui?Non, je n'en avais aucune idée, mais je savais que je deviendrais meilleur que ce que j'étais alors. Je ne savais pas où j'allais mais je visais haut. Et, tu sais, je savais que je me retrouverais meilleur que ce que j'avais été.
Pourquoi étais-tu surnommé Black Moses (le Moïse Noir) ?Eh bien... Ce n'est pas quelque chose que j'ai fait moi-même, je ne me suis jamais donné un nom. Quelqu'un d'autre m'a appelé Black Moses, je l'ai refusé parce que je pensais que c'était des sacrilèges. Mais ça a continué, c'était comme...pas comme si on me forçait, mais en me travaillant à devenir ça. Finalement j'ai gardé le titre quand j'ai vu que ça devenait un truc original.
Tu as commencé avec Booker T. & The M.G.'s, aujourd'hui tu es avec eux à Montreux. Que ressens-tu par rapport à ça ?
C'est bon de revoir des vieux amis, tu sais. On apprécie toujours de se voir, on a commencé à Stax ensemble, et on est une grande famille chez Stax. Et j'ai eu le plaisir d'être sur scène à Nashville un peu plus tôt cette année avec Steve (Cropper), Duck (Donald Dunn) et Booker, et puis il y a deux semaines j'étais avec Steve et Duck au “Songwriters Hall Of Fame”. On se voit toujours sur la route, quand on joue où quand on reçoit des honneurs.
Comment peux-tu expliquer le succès de Shaft ?

Eh bien... Je n'avais pas imaginé que ça prendrait cette ampleur. J'étais très intéressé pour faire une musique de film car je n'en avais jamais fait avant. Le producteur Joel Freeman et le réalisateur Gordon Parks voulaient ma tête à tout prix, alors je l'ai fait. Mais quand j'ai achevé la B.O. j'ai dû repartir faire l'enregistrement du disque et je n'avais toujours pas idée que ça deviendrait si gros, puis ça a changé tout le paysage. Tu sais, ça a changé la façon de faire des musiques de films, ça a changé le son, tout ça. J'essayais juste d'être différent de ce que j'entendais, et c'est devenu un truc qui a tout révolutionné. Chaque fois que tu faisais un tour tu avais des sons dans le film qui faisaient « shshshshs » et « whawha » avec le son de la guitare et tous ces trucs là. Des échanges ont permis ça avec des sortes de liens individuels et des choses comme ça, parce que comme le monde était pris dans cette morale de l'époque, tu pouvais pas tout faire. Mais tu vois j'avais une sorte d'intelligence rythmique en musique, si je l'entendais on pouvait le jouer. Alors des gars on voulu mettre ça sur papier et ils ont commencé à dire « tu peux pas faire comme ça, c'est pas de la musique... » Non non non, Si je l'ai entendu comme ça, ça pourra être rejoué. C'est comme ça que j'ai fait.
Si ta musique était un film...Si c'était un film ça serait “La vie de Isaac Hayes”, depuis mes jeunes années jusqu'à ma maturité et mes vieilles années.
Et comment pourrais-tu expliquer ta musique à quelqu'un qui ne peut pas entendre ?Tout ce que je lui dirais c'est juste : ressens-la. (rires) Ressens-la.

Que penses-tu des samples dans le hip-hop et des autorisations de sampler ?
Tant qu'ils payent, c'est bon. Tant qu'ils ne l'utilisent pas dans des trucs très violents, c'est pour ça que je répondais à tes questions tout à l'heure. Tant qu'ils ne provoquent pas de violence, c'est bon pour ma part. Mais ils faut qu'ils payent des taxes à James Brown pour avoir toujours utilisé ses samples.
Tu sais combien de morceaux de toi ont été samplés ?Je ne peux pas les compter, un tas... Beaucoup des jeunes gosses d'aujourd'hui, tu sais, la culture hip-hop, ils samplent tellement.
Et que ressens-tu quand tu entends un de ces morceaux ?Tu sais c'est OK! Comme je disais... L'imitation est un compliment. Tant que ça ne cause pas de violences, c'est bon pour ma part. Seulement paye-moi !

Ecouter le jingle d'Isaac Hayes
Tags : isaac, hayes, musique, avais, film
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