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Fangafrika, la voix des sans-voix
Par antichambre dans Chroniques le 20 Janvier 2010 à 23:22« C’est l’odyssée d’un cri, celui d’un peuple devenu multiple, cette Afrique qui devint Amérique en traversant l’Atlantique. Quand les variations d’une couleur épousent celle d’une musique, se dessine le visage de l’homme, l’héritage d’une culture triangulaire née entre deux mondes. Le rap, enfanté dans les ghettos New-Yorkais retrouve en Afrique l’essence de son âme contestatrice. C’est le retour de l’enfant au seuil de son aïeul, 500 ans après l’avoir quitté… » (extrait du DVD "Fangafrika - La voix des sans-voix")
Voilà un p
rojet autant atypique qu’intéressant qu’il nous convient de vous présenter !
Un CD, un DVD, et un livre regroupés en un seul objet. A l’origine de ce projet, Stay Calm!, collectif pluridisciplinaire de 7 membres (dj, vj, vidéastes, graphiste, photographe, journaliste), actif depuis une dizaine d’années en faveur des musiques militantes, au sens large du terme, et partenaire du plus grand festival de Hip-Hop Africain « Waga Hip-Hop » organisé à Ouagadougou (Burkina Faso).Konkret 53 & Oeil du Cyclone - Citoyen du monde (Burkina Faso)
Ce coffret multimédia se compose tel un triptyque. Tout, d’abord, ce qui nous intéresse en première chose, le son : un CD comptant une vingtaine de morceaux de groupes de Hip-Hop Africain, principalement d’Afrique de l’Ouest, tous ayant participé à la programmation du festival Waga Hip-Hop. A travers le discours d’artistes déjà reconnus (Awadi de Positive Black Soul) ou en devenir, cette compilation a comme angle de vue de défendre une certaine valeur panafricaine. Cette sélection de morceaux est donc axée sur le côté militant du Hip-Hop Africain : exemples avec WA BMG 44, groupe Sénégalais situé sur le site (Thiaroye) d’où partent la plupart des pirogues en direction des Canaries, et dont le nom rappelle le massacre des tirailleurs sénégalais en 1944. Smockey, alias Dr Burkina, Rappeur-producteur Franco-Burkinabé, dont le morceau « A qui profite le crime » commence par une longue introduction de 2mn truffée d’enregistrements d’archives concernant la mort de Thomas Sankhara (on y entend même la voix de François Miterrand). Les Maliens de Tata Pound, dans le morceau « Mon Pays S.A. » chantent « Les salaires sont minables, pourtant tout est privatisé, on s’en sortira jamais avec nos dirigeants dirigés (…) Société Nationale vendues aux Multinationales, mon pays S.A. ». Pour les morceaux en langue originale (en wolof, mooré, djerma…) on attend un traducteur pour nous éclairer…Alif - Douta Mbaye (Sénégal) Ce groupe de 4 rappeuses évoque en wolof les problèmes propres aux femmes dans la société Africaine.

Du Congo au Sénégal en passant par le Cameroun, le Bénin, le Togo, le Niger, le Mali, la Côte d’Ivoire et bien sûr le Burkina Faso, nous voilà devant une sélection non exhaustive, mais assez représentative de la scène Hip-Hop Africaine actuelle ; même s’il est difficile de limiter tout un continent à une quinzaine de groupes, nous voilà devant une représentation des problèmes actuels narrés avec soin par cette jeunesse Africaine qui a trouvé les mots justes comme remède aux maux injustes de la société Africaine actuelle, dénonçant tour à tour les gouvernements Africains corrompus, les inégalités hommes-femmes, la Françafrique, les problèmes de société actuels. Qui de mieux qu’Awadi et ses rimes incisives pour illustrer ce paragraphe ?
Awadi - Le cri du peuple (Sénégal)
Ancien membre du groupe Positive Black Soul, Awadi fait partie des pionniers du Hip-Hop Sénégalais et sûrement l'un des plus influents.
Un livret de 96 pages accompagne le CD : outre la présentation plus précise de la majorité des groupes présents sur la compilation, on y retrouve des articles intéressants sur les premiers pas du Hip-Hop au Sénégal, et aussi sur les hommes politiques qui ont marqué l’Histoire de leur empreinte, bien trop souvent à l’encre de leur sang : Thomas Sankara, ou Patrice Lumumba restent des modèles pour ces rappeurs en quête d’un leader Africain représentant les souhaits de leurs concitoyens, ce qui ne semble pas forcément être le cas avec les gouvernements actuels souvent à la solde des Etats Occidentaux. On y retrouve également une description succincte mais intéressante de tous les protagonistes du CD et du DVD (certains n’apparaissant que sur l’un ou l’autre) qui nous permet de mieux rentrer dans l’univers de chaque groupe et de comprendre leur discours malgré la barrière linguistique ou culturelle. Ainsi, tout un chapitre est consacré au Hip-Hop Burkinabé, que ce soit les rappeurs, freestylers, producteurs, les projets…
Ouaga all starz - Quelques MC's de Ouagadougou se sont réunis en studio pour un petit frestyle

Enfin, la cerise sur le gâteau, un DVD nous fait rentrer un peu plus profondément dans le sujet en partant réellement à la découverte de groupes et rappeurs, présents ou non sur le CD.
Présenté et commenté avec style (par Apkass, rappeur Congolais), tourné avec soin (caméra à l’épaule pour rester proche des protagonistes), et admirablement monté, ce film a été tourné à Ouagadougou lors d’une édition du festival Waga Hip-Hop.
On y découvre avec émotion le rap au féminin : Alif du Sénégal, Priss K de Côte d’Ivoire, ZM du Niger, et on se laisse facilement entraîner dans l’univers de ces groupes présentés : quelques freestyles enregistrés pour l’occasion, dans le jardin familial de Faso Kombat, sous le sourire complice de la famille et des amis et autour d’un thé vert, l’ovni Burkinabé Kas Boven « Lion King » qui rappe sur les notes de guitare de son père, le quartier tampuy à Dakar… et pour finir le freestyle nocturne de Rap Djasso (Burkina Faso) avec guitare et calebasse…
Djanta Kan - Avoude (Togo) Une musique métissée dans une langue originale, alliées à un militantisme sans faille.

Certains groupes sont étonnants d’originalité : Djanta Kan au Togo fusionne la musique traditionnelle avec le Hip-Hop, H2O Assouka (Bénin) invente le concept de rap vaudou, d’autres placent dans leurs textes en wolof ou mooré quelques mots français qui viennent habilement rimer avec le reste…
Enfin, tous les groupes présentés tiennent aussi beaucoup à la richesse de leurs musiques traditionnelles, Awadi n’hésitant pas à utiliser une kora en concert. « Comme les rappeurs de East Coast vont sampler James Brown, ceux de West Coast samplent George Clinton, les rappeurs Africains samplent Baaba Maal, Alpha Blondy et utilisent les instruments typiques de leur cultures : kora, sabar, djembé. » (Awadi)
Apkass - L'âme du peuple (R.D. Congo) Une des plus belles plumes du continent, que ce soit en français ou en tshiluba, véritable poète urbain panafricain.
Un militantisme Panafricain présent en fil rouge tout au long de ce film, avec Didier Awadi comme inévitable porte-parole. Le message recherché est bel et bien l’unité des peuples Africains ; et comme gage de qualité, voilà que le coffret est préfacé par un certain Olivier Cachin, Soro Solo (France Inter) et distribué par Harmonia Mundi…
Pour se le procurer : http://fangafrika.staycalmproductions.com/
Staycalm! a depuis participé à la production du dernier album des camerounais Negrissim' « La vallée des rois » et travaille désormais sur la prochain album solo de Sadrak, leur leader, « Rap de Bon Voyazinage »
Negrissim' - Quand je suis né je n'étais pas à poil frère (Cameroun)
Negrissim ou l'école du micro en bambou...


Tags : voix des sans-voix, hip-hop africain, rap africain, fangafrika
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Commentaires

Salut je m'appelle Marwan je suis un artiste rap francais residant au Canada, né au Sénégal ou j'ai grandi et enfin originaire du Burkina Faso et, j'ai un nouveau single que j'aimerais faire diffuser. Le titre c'est "YES MY SON" produit par E blaze (DITC, NY USA) je vous envoie ci-joint le clip qui est réalisé par lexxx talionis et down2earth. Merci d'y preter une oreille.